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Photosensibilisation chez le cheval : attention au soleil

Le printemps et l’été signent le retour du soleil et de ses rayons chauds qu’on adore tant… mais qui peuvent causer des ravages sur nos chevaux en provoquant des problèmes de photosensibilisation. Ce sont souvent les chevaux vivant au pré ou passant la journée au paddock qui souffrent de photosensibilisation. En résultent démangeaisons, irritations et croûtes : ces lésions sont parfois confondues avec la dermite estivale ou encore les coups de soleil.

La photosensibilisation du cheval, qu’est-ce que c’est ?

Il s’agit d’une réaction cutanée engendrée par l’interaction entre un agent photosensibilisant contenu par la peau du cheval et les UV. Ces substances photosensibilisantes ne s’activent que si la peau du cheval est exposée aux UV. Il existe deux types de voies de sensibilisation : de contact et par ingestion.

Photosensibilisation de contact 

La photosensibilisation de contact se divise en deux catégories : la phototoxicité et la photo-allergie.

  • La phototoxicité est assez fréquente et a lieu rapidement (cela va de quelques minutes à quelques heures). Elle provoque des sensations d’échauffement ou de brûlure sur une zone peu étendue : les symptômes se rapprochent d’un coup de soleil. Les lésions sont souvent retrouvées sur le bout du nez, zone facilement en contact avec une plante phototoxique. 
  • La photoallergie est quant à elle plus rare : la substance qui cause la photosensibilisation n’est pas photosensibilisante à l’origine, mais le sera en fonction de chaque individu et de son degré de sensibilité à celle-ci. Le photoallergène devient toxique sous l’action des UV, en général quelques jours après le contact. Une faible quantité suffit à déclencher la photoallergie. 

Photosensibilisation d’ingestion

Comme son nom l’indique, la photosensibilisation par ingestion résulte de l’ingestion de la substance photosensibilisante par le cheval en très grande quantité. Celle-ci est ensuite transportée jusqu’à l’épiderme via le sang. Les UV associés à cette substance contenue dans l’épiderme provoquent des lésions dermatologiques douloureuses, accompagnées de croutes suintantes avec parfois des ulcères et une peau très desséchée.

Il peut également arriver que les pigments soient mal éliminés par l’organisme du cheval. En temps normal, lors de la digestion, le foie permet d’éliminer le pigment dans le crottin. En cas de mauvais fonctionnement du foie (à cause d’un virus ou d’une intoxication par exemple) les substances photosensibilisantes vont venir s’accumuler dans les tissus du cheval.

S’il s’agit d’une saturation du foie, certains signes sont observables : blanc de l’œil jaune, perte d’appétit, amaigrissement… 

En cas de doute, appelez toujours votre vétérinaire pour définir avec lui la meilleure marche à suivre.

Quels sont les chevaux les plus sensibles ?

Dans de nombreux cas, les chevaux les plus touchés par la photosensibilisation sont ceux à la robe claire (blanche, palomino, crème, pie, …) et/ou présentant des zones dépigmentées : balzanes, listes, zones rosées (ladres) ou peu velues, plaies non cicatrisées, etc.

Les symptômes : comment savoir si mon cheval souffre de photosensibilisation ?

Les symptômes de la photosensibilisation chez le cheval sont le plus souvent l’apparition de cloques ou croûtes situées sur le bout de nez, les oreilles et les paturons. La peau peut également être rouge, tuméfiée et douloureuse à l’intérieur des cuisses, anus, vulve, mamelles. Dans certains cas on peut constater des zones hémorragiques, des ulcères ou des desséchements.

Les signes s’atténuent en quelques heures si le cheval est rapidement mis à l’ombre. En cas d’exposition intense et prolongée au soleil, les lésions cutanées forment des croûtes noirâtres et la guérison peut être longue. Votre cheval peut aussi être fiévreux, amaigrit et présenter des troubles nerveux allant jusqu’au coma s’il reste à la lumière.

La photosensibilisation est à ne pas confondre avec les coups de soleil qui créent des lésions sur tout le corps.

Mon cheval souffre de photosensibilisation : que faire ?

Si votre cheval présente des rougeurs, cloques ou croûtes :

  • Protégez votre cheval du soleil en le mettant à l’ombre
  • Nettoyez délicatement la zone fragilisée avec un savon adapté, comme l'Activ Scrub de Robinson Healthcare. Séchez bien à l’aide d’essuie-tout (qui possède un haut pouvoir absorbant) ou d’une serviette propre
  • Appliquez une crème ou lotion apaisante spécialement formulée pour la peau du cheval : Natural Balm de Natural Innov

Attention :
N’appliquez pas de crème apaisante si vous ne pouvez pas laisser votre cheval à l’ombre : cela aurait l’effet inverse et ne ferait qu’empirer les choses. Si vous ne pouvez pas faire autrement que de laisser votre cheval au pré au soleil, nous vous recommandons d’appliquer plusieurs fois dans la journée une crème solaire pour chevaux sur les zones concernées : par exemple Nacrisun de Nacricare ou la protection solaire d'Ekin. Il est également fortement déconseillé d’utiliser des crèmes cosmétiques qui peuvent contenir des substances allergisantes ou encore des crèmes anti-brûlures, dans le cas où le cheval devrait rester au pré, même à l’ombre. Les produits à base de millepertuis et d’arnica sont également à proscrire car ils peuvent contenir des photosensibilisants.

  • Si la zone touchée peut être protégée par une chemise légère anti UV ou un masque anti UV, utilisez-en.

Si votre cheval présente des lésions plus importantes :

Votre cheval souffre certainement de photosensibilisation par ingestion. Il faut alors contacter votre vétérinaire sans tarder afin de rechercher les causes et ainsi éviter les récidives. Ces causes peuvent êtres multiples : présence de plantes photosensibilisantes dans le pré, utilisation de certains médicaments ou compléments alimentaires…

Votre vétérinaire pourra vous proposer la réalisation d’un bilan hépatique afin d’évaluer l’état du foie de votre cheval. En fonction du degré d’intoxication, un drainage hépatique soulagera rapidement votre cheval, mais la guérison complète pourra prendre plusieurs mois. Dans certains cas, les atteintes hépatiques peuvent être définitives.

Comment prévenir la photosensibilisation chez le cheval ?

  • Pour les chevaux vivant au pré : votre cheval doit avoir accès à des zones abritées du soleil (arbres, abris...)
  • Pour les chevaux vivant au box et sortant la journée au pré : privilégiez les sorties tôt le matin ou tard le soir (ou même de nuit !)
  • Protégez les zones à risque avec une crème solaire pour chevaux plusieurs fois par jour.


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  • Il existe également des chemises et des masques anti UV pour chevaux qui protègent le bout du nez.
  • Lors de la mise à l’herbe au printemps : prévoyez un détoxifiant comme par exemple l'Algua Digest de Paskacheval ou le Detox Flash de Loën Vet.
  • Examinez le pré de votre cheval pour identifier d’éventuelles plantes photosensibilisantes.
  • Faites attention aux produits que vous utilisez sur votre cheval, notamment s’ils contiennent des huiles essentielles qui sont, pour la plupart, photosensibilisantes.

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